Je suis partie en randonnée dans la montagne dans la région d‘Antalya, au sud de la Turquie.

Avant de m’informer sur le climat et l’organisation de mon voyage je m’interroge sur mes capacités, c’est primordial pour pouvoir commencer son sac…et donc son voyage.

Qui suis-je ? Je suis une fille de Belgique de 28 ans. Je suis relativement sportive. Mon expérience en tant que randonneuse se résume aux hike de 3 jours dans la campagne ardennaise. Ce n’est pas la haute montagne, mais j’ai l’habitude de marcher 20km/jours…

  • Mes compétences de hikeuse: faire du feu, lire une carte.
  • Ma résistance: porter un gros sac, dormir sous tente, cuisiner sur le feu, respecter la nature, vivre en groupe, hygiène corporelle basique.

Okay, maintenant je peux me renseigner sur le climat, en fonction, mon sac va se remplir : sac de couchage (petit mais chaud), matelas léger, gourde, couteau et fourchette, petite casserole et gobelet. Vêtements pour la pluie et le froid+ pour le chaud. Chaussures de randonnée, bikini, savon éco, t-shirts, crème solaire, pantalon, sous-vêtements…

Heu… je vais devoir porter ce sac tous le temps, l’idéal pour que je le supporte c’est qu’il doit peser +- 10kg à la base car je devrai transporter de l’eau et de la nourriture : 15kg c’était vraiment le maximum.Une seule solution pour moins transporter : Je laverai mes affaires tous les jours et les ferai sécher pendant la nuit. Heureusement en Turquie le climat le permet.

Où je vais ?

Je pends mes renseignements sur la géographie (dénivelé, type de sol, altitude) et je télécharge la carte de la région sur maps.me

Le lycian way est très diversifié. Mais ce qui est assez emblématique ce sont  les chemins rocailleux. Que ce soit sur du plat, dans la foret, en bord de mer ou en montagne, les pierres sont omniprésentes. De bonnes chaussures sont recommandées pour ne pas se torde la cheville et se faire mal au pied.

Je recommande aussi un bâton de marche

Quand j’y vais ? Novembre- température idéale pour marcher (20-25°) et même pour nager dans la mer si tu es courageuse, les nuits ne sont pas encore trop froides; par contre, les journées sont courtes. On essayait d’arriver pour 17h pour pouvoir monter les tentes et cuisiner.

Novembre n’est pas la saison touristiques. On rencontrait peu de monde, et les villes touristiques étaient désertes. Nous pouvions dormir sur la plage. Je pense qu’en été c’est différent (+ de contrôle, plus de monde…)

Comment j’y vais ?

Pour arriver au Lycian way, le plus simple c’est de prendre l’avion jusque Antalya. De l’aéroport il y a un tram direct vers le centre ville et vers la gare des bus « otogar ». Là je trouve des bus appelés «dolmuç» qui vont dans la campagne et peuvent m’emmener à Kas (+-3h30), où je commence la rando. Cela ne coute pas trop cher (30Lyra – 6euros)

En général c’est une chose à savoir c’est que dans les villages, on peut demander des taxis, ou des bus, c’est plutôt desservis.

Avec qui j’y vais ?

Il y a une différence entre partir seul, ou partir accompagné de quelqu’un qui connait déjà les lieux (un guide, un local).

J’étais avec un ami turc qui a l’habitude de faire cette randonnée, il connaît les gens, les lieux ou trouver de l’eau, les villages…

Si tu pars seul, c’est important d’apprendre la langue pour pouvoir demander aux locaux rencontrés en chemin divers infos comme : accès à l’eau, lieux pour camper et trouver de la nourriture…

Découverte de la culture – infos en vrac selon mon vécu :

  • il y a des chiens et chats partout, la nuit, il vaut mieux protéger sa nourriture (nous pendions nos sacs de vivres aux arbres). Les chiens ne sont pas méchants, ils s’attachent aux randonneurs.
  • La nature est très aride (même en novembre) et faire du feu n’est pas autorisé. Cependant le campeur a toujours envie de passer sa soirée au coin du feu. Les personnes locales me conseille toujours avant d’aller dormir, d’éteindre le feu avec de l’eau pour qu’il ne reste pas de braises (le vent pourrait les souffler).
  • Les turcs aiment accoster les étrangers, ils conseillent et souhaitent discuter et aiment prendre des photos avec vous.
  • Boissons traditionnelles: Thé et Ayran : le thé est offert après un repas en général. Si on vous invite à boire quelque chose, demandez du thé « chai ». L’ayran c’est du yogourt avec de l’eau. Possibilité de gouter un alcool local très apprécié : le Raqui. Essayer c’est l’adopter.
  • La nourriture : En pension ou en restaurant, il y a beaucoup de choix de viande. Si tu es végétarien, comme moi, l’alternative sera les œufs…SI tu es végan, alors c’est assez compliqué ^^
  • Lorsqu’on arrive quelque part, il est d’usage de se présenter. Pour cela, des notions de turcs aident à pouvoir communiquer. Peu de personnes dans les villages parlent l’anglais. Même dans des endroits fréquentés par les touristes. On parle avec les gestes et quelques mots.
  • De temps en temps on tombe sur des points d’eau potable. En général si vous voyez des fontaines près des villages ou dans des lieux de camping sauvages.. l’eau est potable. Sur la carte Maps.me il est écrit les points où se trouvent l’eau. Parfois je n’en trouvais pas, j’ai donc demandé aux commerçants du coin.
  • En général l’eau est une denrée rare en Turquie, même si vous prenez une douche en pension, pour ne pas épuiser les réserves, il vaut mieux la faire courte.
  • Toilette turques : on s’y fait vite, si tu ne trouves pas de papier toilette, il y a toujours un point d’eau pour te laver.
  • Le long du chemin, il est possible de trouver différents types de logements: camping ou pensions (pensyon) sont assez répandus en pleine campagne. Et des hôtels et auberges sont accessibles dans des petites villes. J’ai apprécié notre nuit en ‘pensyion’, on dort dans la maison d’une famille et ils nous offrent le repas du soir et le petit déjeuner (100-150 Lyra). C’est une manière de découvrir la culture traditionnelle et d’apprendre l’un de l’autre. Par exemple notre hôte a joué du baglama (guitare traditionnelle) et on a mangé les meilleurs loukoums du monde.

Notre expérience pratique :

  • cuisiner sur un bec à gaz
  • prévoir antimoustique
  • prévoir au minimum 1L d’eau
  • Nourriture: avoir en suffisance car on ne sait jamais si on trouvera des magasins sur le chemin. MAIS attention qu’il faut savoir les porter.
  • Lorsqu’on avait assez d’eau pour cuisiner et boire, on utilisait pour laver à la main nos vêtements. Prévoir un fil pour prendre le linge car ce n’est pas toujours évident sur les arbres.
  • Suivre les marques blanches et rouges ne suffisent pas toujours. Heureusement, les randonneurs font des cairn (tas de pierres) pour indiquer le chemin. C’est bien d’avoir en plus une carte pour être sûr. (application)
  • Nous avons surestimé nos capacités car nous avons abandonné 2 jours avant la fin: la fatigue mentale et corporelle + la météo ont remis en cause notre objectif final.

Coups de cœur :

  • La rencontre avec un groupe de randonneurs avec qui nous avons continué le chemin durant 4 jours.
  • La soirée dans un bar à jouer le jeu traditionnel « OKE» avec les locaux
  • La soirée en pension dans le salon de nos hôtes
  • La foret, les montagnes, la mer
  • Le tour en bateau
  • Les baignades
  • Les vestiges de l’époque romaine et la région Lycie
  • Le musée de l’histoire du Lykia yolu

Chacun vit une expérience différente, les sentiments qui ressortent de la mienne sont les suivants: vivre ensemble, survivre, apprendre sur soi grâce à l’effort (sortir de sa zone de confort et dépasser ses limites) et à la nature, … des émotions amplifiées qui auparavant m’étaient inconnues et m’ont permis de découvrir sur moi et m’on fait évoluer.

Je souhaite à tout le monde de vivre une telle expérience.

Et comme le bon vieux dicton l’énonce ‘Le voyage forme la jeunesse’

Céline et Cécile

Fait à Antalya, novembre 2018

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